Conseils pour visiter Bamako et le Mali

Dans le cadre de mon travail, j’ai eu l’occasion faire une mission au Mali, plus exactement à Bamako, la capitale du pays.

Le Mali en Afrique

C’était le première fois que je foulais le sol africain.

J’y suis resté trois semaines, à cheval sur la fin septembre et le début du mois d’octobre.

Même si trois semaines ne sont pas suffisantes pour bien connaître un pays, ça m’a laissé le temps d’entrapercevoir un peu de la culture.

Je vous propose donc d’en partager un peu et de vous donner quelque clés pour préparer au mieux votre séjour, qu’il s’agisse d’un voyage professionnel ou d’un voyage d’agrément (pour lequel il vous faudra impérativement consulter la rubrique « sécurité).Drapeau malien

Ces conseils ne sont pas exhaustifs mais, je l’espère, vous apporteront de quoi en profiter au mieux.

PRESENTATION DU MALI :

Situation, géographie, divers :

La République du Mali est située dans la partie ouest de l’Afrique.

Le Mali partage ses frontières terrestres avec la Mauritanie et l’Algérie au nord, le Niger à l’est, le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire au sud et la Guinée au sud-ouest et, enfin, le Sénégal à l’ouest. Le Mali ne dispose pas de frontières maritimes. Un peu plus de quinze millions y sont recensées.

Cartes des principales villes maliennes

Bamako, la capitale du pays, est située au sud.

Un peu moins de deux millions de personnes y vivent. La majorité des travailleurs exerce dans le secteur primaire.

Quelques villes parmi les plus connues sont, outre Bamako : Sikasso, Mopti, Ségou, Gao, Tombouctou…

La langue officielle est le français mais le bambara (c’est aussi le nom donné à l’ethnie majoritaire) est également une langue nationale. Il y est tout autant, voire plus, parlé que le français et il est partagé avec d’autres pays frontaliers, notamment pour les échanges commerciaux.

Le pays est à une grande majorité constitué de musulmans pratiquants.

La monnaie est le franc CFA. Actuellement, 1 € = 655,9 CFA. A Bamako, il est possible de faire du change. Sinon, pour votre info, il n’y avait pas de distributeur de billets à l’aéroport. En revanche, on en trouve dans les hôtels et certains centres commerciaux mais pas avec toutes les enseignes bancaires.

Il existe un décalage horaire de moins deux heures en été et, fort logiquement, de moins une heure en hiver.

La durée du vol (plusieurs compagnies dont Air-France) est d’un peu moins de six heures avec les compagnies classiques. Certains vols, moins chers forcément, sont proposés pour une durée de dix heures environ.

Le climat est désertique dans le nord (on se rapproche du Sahel et du Sahara) et tropical dans le sud. Les pluies peuvent être particulièrement fortes dans le sud en été, soit de juin à septembre inclus). Les visites sont conseillées en hiver pour ne pas trop souffrir de la chaleur. Pour ma part, la fin du mois de septembre a connu quelques épisodes pluvieux mais entrecoupé de belles éclaircies tandis que le début du mois d’octobre a été ensoleillé avec des températures oscillant entre 23 et 34 degrés : ça reste donc assez facilement supportable lorsque l’on n’est pas obligé de rester sous le soleil.

Quelques sites plus ou moins officiels qui peuvent aider à préparer votre voyage :

http://www.malitourisme.com/

Histoire :

D’abord une succession de cinq empires, le Mali a été colonisé par la France et s’est appelé Soudan français. Il était intégré à l’Afrique occidentale française. Le début de la colonisation a eu lieu à partir de 1881, commençant par différentes ethnies puis se généralisant au fur et à mesure des accords et des batailles. L’un des artisans français en fut le colonel Faidherbe. Le quatre avril 1959, le Sénégal s’allie au Soudan français pour former la fédération du Mali qui accède à l’indépendance le vingt juin 1960. Deux mois plus tard, le Sénégal se retire de la fédération du Mali et proclame seul son indépendance. Le vingt-deux septembre 1960, le Soudan proclame à son tour son indépendance mais conserve le nom de Mali.

Affiche de l'exposition sur le peuple Dogon

Le Mali est riche de découvertes, notamment préhistoriques.

Théodore Monod, savant naturaliste français, en fut aussi un grand découvreur, notamment par ses recherches et études dans la zone saharienne.

Aujourd’hui, le peuple Dogon et sa culture ont permis de donner un nouvel éclairage au Mali en présentant une partie de sa culture dans le monde entier.

Une exposition leur est d’ailleurs actuellement consacrée au musée du Quai Branly à Paris.

Plusieurs écrivains du XXème siècle ont laissé leurs impressions sur ce pays et, aujourd’hui, des photographes ont fait de très beaux albums que vous n’aurez aucun mal à trouver dans les librairies.

Les griots sont toujours présents et font encore partie de la vie culturelle du pays : ils content, narrent des histoires qui reflètent l’histoire du pays, chantent encore lors des assemblées.

Vaccination, santé :

Pour ceux qui partiraient seuls, c’est-à-dire hors cadre professionnel où une assurance particulière sera sans doute prise par votre employeur, le MAE rappelle de souscrire à une assurance couvrant les frais médicaux et le rapatriement.

Pour le reste, il vous faudra prendre des traitements et/ou être à jour dans les vaccins tels que le paludisme, la fièvre jaune, diphtérie-tétanos-poliomyélite, pourquoi pas fièvre typhoïde, hépatites A et B, méningite. Personnellement, je n’ai pas fait ceux concernant la fièvre typhoïde et l’hépatite, à vous de voir selon les conseils de votre médecin.

Bien entendu, pour éviter la « tourista » et le choléra, il est fortement déconseillé de boire l’eau du robinet. Vous verrez d’ailleurs dans les villages que certains moyens de purification ne sont plus opérationnels depuis longtemps malgré les efforts du gouvernement et de certaines organisations non gouvernementales ou de sociétés privées. A Bamako aussi, y compris dans mon hôtel, j’ai évité de boire l’eau du robinet : je me lavais les dents avec de l’eau en bouteille et je me suis avalé des litres et des litres de sodas américains pétillants… Et bien sûr, pas de glaçons !

Dans le même ordre d’idée, il est déconseillé de se baigner dans les cours d’eau, les rivières ou les lacs : le risque consiste en la bilharziose, maladie mortelle et dont la possibilité de la contracter est aussi importante que celle concernant le paludisme.

Sécurité :

Le Mali a malheureusement connu des épisodes dramatiques et, aujourd’hui, les intérêts ainsi que les ressortissants français sont expressément visés par les dirigeants des organisations terroristes islamistes (explosion d’une grenade devant l’ambassade de France au Mali au mois de janvier 2011). La zone sahélo-saharienne est particulièrement sensible actuellement. Certains pays limitrophes sont également fragilisés par cette menace et des incursions sur le territoire malien de bandes armées sont fréquentes.
Avant de vous y rendre, consultez impérativement le site des Affaires Etrangères pour vous assurer que le voyage est possible : http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/conseils-aux-voyageurs_909/pays_12191/mali_12287/index.html

Lors de mon passage, mon travail me faisait rester à la capitale, je n’avais pas de raison de m’en éloigner. De plus, les gens pour qui je travaillais avaient mis à ma disposition une escorte. Bamako reste encore, à l’heure où j’écris et par rapport aux informations du site du ministère des Affaires Etrangères, l’un des endroits sûrs du Mali.

Séjour :

Je ne voulais pas avoir le sentiment de vivre en vase-clos entre français expatriés, même si ceux que j’ai rencontré ont été charmants, mais j’ai voulu essayer, tant bien que mal, de sortir un peu de l’hôtel, de mon lieu de travail et des résidences de mes collègues. Malheureusement, l’insécurité ne m’a pas permis d’aller plus loin dans le pays, notamment vers le nord où plusieurs villes et sites semblaient valoir le détour. Il faut dire que, en tant que « toubab » (blanc européen), je ne suis pas très discret dans le paysage local…

Il y a du monde sur les routes...

J’ai tout de même pu prendre rapidement le pouls de cette ville. Elle s’étend sur vingt-deux kilomètres d’est en ouest et sur douze kilomètres du nord au sud. Toutes les ethnies du pays s’y retrouvent, la plupart des gens espérant y trouver un travail.

Le circulation y est impressionnante et la pollution aussi… On y voit toutes sortes de véhicules : 4×4, camions déglingués, deux-roues, vieilles voitures bondées (dont pas mal de vieilles Peugeot 404!! Résistantes, quand même, non ..?) et dont les essieux crient grâce, les motos-taxis (ou taxini) qui se développent… Bref, il vaut mieux savoir où l’on va, surtout que certains carrefours ne sont pas du tout adaptés au flux de circulation. Heureusement, même si ça klaxonne, on trouve toujours quelqu’un qui vous laisse passer. Sur les routes également, et surtout à chaque point d’arrêt, des hordes d’enfants et de jeunes adultes se jettent su le pare-brise pour le nettoyer en échange de quelques pièces.

Si vous devez emprunter la route (que l’on appelle « le goudron »), soyez patients. Les routes sont longues et la conduite est sportive. On croise des choses tout simplement incroyables : des camions ou des bus sont pris d’assaut par des passagers qui s’accrochent partout où ils le peuvent. L’un des collaborateurs maliens me racontait, en rigolant, que parfois, les passagers s’endormaient et tombaient sur la route ! Si ils ne se faisaient pas trop mal, ce qui était déjà une chance, il fallait aussi qu’ils évitent de se faire écraser…

Drive-in à Bamako

Et si jamais la faim vous tenaille alors que vous êtes en voiture, arrêtez-vous au bord de la route, y compris à Bamako même. Vous y trouverez de quoi manger dans des énormes poêles ou marmites posées sur des réchauds ou sur un feu de bois. A partir de 17 heures 30, c’est-à-dire lorsque les gens sortent du travail, les femmes se réunissent et installent leurs cuisines mobiles le long des routes, dans les rues. Vous vous arrêtez, commandez, payez et vous repartez avec de quoi manger !

A ce propos, l’un des plats que vous trouverez assez facilement et qui est également celui de la majorité des maliens est le « to ». C’est une épaisse bouillie de céréales. La base peut être du mil ou du maïs. On le mange à la main, sans jamais y planter de couteau ! Sinon, on donne le mauvais oeil au village et on lui fait risquer la sécheresse ! Rassurez-vous, si par malheur vous aviez commis l’impair, vous pourrez toujours le réparer. Pour cela, il vous suffira de procéder à des sacrifices d’animaux…

Mis à part le « to » (grosse pâte à base de mil et/ou de farine et sauce verte d’accompagnement) et le buffet de l’hôtel (oui, je sais, c’est pas très « roots » mais bon, pas le choix…), j’ai très souvent mangé du riz, surtout lorsque j’ai été invité chez des maliens qui travaillaient avec moi.

Tô malien

Les gens étaient vraiment accueillants et mettaient les petis plats dans les grands lorsqu’ils me recevaient. C’en était même un peu gênant mais ça semblait réellement leur faire plaisir.

Ainsi, assis tous en rond autour des plats, chacun pioche dedans unefoisque le chef de la famille nous y a invité. Surtout, pas d’erreur : n’ayant pas de couverts à disposition, vous mangerez avec la main. Mais pas n’importe laquelle : la droite et rien que la droite et tant pis pour les gauchers ! En effet, comme dans les pays arabes, la main gauche et impure : elle sert à s’ssuyer après être passé aux toilettes. Alors, effectivement : elle n’a pas à traîner dans un plat !!

La difficulté consistera ensuite à essayer de malaxer ce que vous aurez attrappé et à en faire une boule suffisamment compacte pour parvenir à la porter à votre bouche sans en laisser plein sur la chemise…

Je reconnais volontiers qu’au début, je mangeais peu par rapport à ce que j’avais pris dans ma main au départ… Après, ça devient quasiment une question desurvie ! J’ai donc fini par trouver le sacro-saint point d’équilibre entre la boule trop dure et l’amas informe qui tombe sur les vêtements. J’étais presque devenu pro…

Une fois que le repas est terminé, n’oubliez pas de dire « abarika » à destination des personnes qui ont préparé lerepas ainsi qu’au chef de famille. Ils seront ainsi tous remerciés, comme le veut la coutume et la courtoisie.

Enfin, dans les rues et sur les marchés, je vous invite à goûter les pastèques : elles sont « torrides », je ne trouve pas d’autres qualificatifs.

Gorgées d’eau et de soleil, elles ont un goût sucré qui rend complètement dépendant… Et en plus, c’est pas trop cher.

Et si vous profitez des marchés, vous pourrez trouver des produits hors-normes, y compris pour les messieurs (et les dames) qui souhaiteraient résoudre des difficultés sexuelles, de l’asthme, le paludisme, les maux de dents, etc…

En conclusion, même si je suis bien conscient de n’avoir fait qu’effleurer la culture malienne, ce qu’il m’a été offert de voir m’a conforté dans l’image d’un peuple accueillant, et ce, malgré la pauvreté qui touche plus de la moitié de la population.

Si le futur le permet, j’apprécierais de pouvoir y retourner et en voir un peu plus encore, notamment la zone nord.

 

 

Article mis à jour le 13/08/2016 - Signaler un abus

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