Visiter San Francisco en 2 jours, les 9 incontournables à voir

Il était une fois San Francisco ou plutôt un dédale de pentes et de montées toutes plus vertigineuses et abracadabrantes les unes que les autres, à tel point d’ailleurs que, vues depuis le téléviseur de votre salon ou le grand écran des salles obscures du septième art, vous pourriez presque penser à une grosse blague des studios de cinéma hollywoodiens !

C’est d’ailleurs l’impression que j’ai eu la première fois que j’ai découvert San Francisco dans le célèbre film américain « Madame Doutbfire » ! Impressionnée et stupéfaite par l’urbanisme complètement invraisemblable et improbable de la ville, j’ai d’abord pensé que le décor de la comédie sortait tout droit de l’imaginaire de l’un de ces producteurs de cinéma « hurluberlus » de Hollywood et avait été confectionné de toute pièce pour alimenter le caractère décalé et fantaisiste du film !

San Francisco, son tram et ses rues pentues

Mais, en réalité, ce n’était pas une plaisanterie… Après avoir interrogé mes parents qui regardaient le film à mes côtés, j’ai eu la confirmation que ce décor existait bel et bien, que ce n’était pas une supercherie de ces studios de Californie. C’est alors à cet instant précis que je me suis dit que, quand je serais « grande » (car à l’époque je n’avais que 6 ans), l’une de mes premières missions à accomplir serait d’aller me rendre compte par moi-même, par mes propres yeux, de la folie de cette ville. 

Et ce jour J est arrivé à l’occasion de mon premier road trip avec mon compagnon dans l’ouest-américain. San Francisco figurait alors en deuxième étape dans notre carnet de route après Los Angeles (je vous raconte dans cet article notre étape à LA) et nous avions prévu un petit séjour de deux jours qui, je pense, était hélas trop court pour pouvoir découvrir en profondeur cette ville qui renferme bien des trésors et surprises !

Alors, pour les plus curieux d’entre vous, suivez le guide et voyons ensemble ce que San Francisco a dans le ventre !

Mais, attendez une minute, avant d’aller plus loin dans notre dissection, familiarisons-nous un peu plus avec ce spécimen haut en couleur pour pouvoir en apprécier tout le charme, toute l’authenticité et, surtout, tout le caractère insolite !

Un peu d’histoire…

Loin de moi la volonté d’être barbante ou ennuyante, mais j’ai pensé qu’un petit rappel historique sur la ville s’imposait pour pouvoir mieux comprendre l’essence même de cette métropole hors des conventions, sa mentalité, son urbanisme, sa population…

Tout d’abord, fondée en 1776 par des missionnaires espagnols issus de la vice-royauté de la Nouvelle-Espagne (appelée aujourd'hui Mexique !), la ville est nommée ainsi en l’honneur du patron de ces religieux, à savoir Saint François d’Assise (en espagnol : « San Francisco de Asís »).

La ruée vers l'or et l'argent

Puis ce petit village prend son essor quand un jour, le 24 janvier 1848, à 220 km de là, James Marshall (ouvrier itinérant) apporte à son patron, le Suisse John Sutter (un commerçant suisse), la première pépite d’or

San Francisco en 1851

C’est alors le début de la ruée vers l’or et du mythe de San Francisco (1848-1849) qui, en à peine deux ans, voit ses terres envahies d’aventuriers, mineurs, chômeurs, filles de joie, marins, commerçants et scélérats de tout poil venus du monde entier, à tel point d’ailleurs qu’on lui collera l’étiquette de « Barbary Coast » pour désigner son aspect très populaire et turbulent, où se multiplient les excès en tout genre (prostitution, jeu, opium, corruption…).

Par ailleurs, c’est de cette époque que son légendaire pont à la couleur rouge-orangé tirera son célèbre nom de « Golden Gate Bridge » (ou « Pont de la Porte d’Or »). Non pas qu’il soit construit en or. Il mène tout simplement au « pays de l’or » ! Un filon alors à exploiter de toute urgence mais qui se tarit bientôt, comme toutes les bonnes choses qui ont une fin !

Mais, heureusement, une dizaine d’années plus tard, la fièvre repart de plus belle avec la découverte de gisements d’argent dans la Sierra Nevada, attirant nombre d’investisseurs et mineurs professionnels. San Francisco devient alors une « ville-champignon » voyant sa population multipliée par 25 entre 1848 et 1849 et par 150 entre 1848 et 1870.

L'arrivée du train transcontinental

Un bond d’autant plus facilité que le chemin de fer fait son apparition en 1860, reliant alors côtes atlantique et pacifique en l’espace de six jours seulement, contre deux mois auparavant ! (À ce propos, si je peux me permettre une petite parenthèse, des milliers de travailleurs chinois seront enrôlés sur les dangereux chantiers de construction de celui qu’on appellera le « cheval de fer », ce qui explique en partie la forte communauté chinoise à San Francisco aujourd’hui). 

Ouvriers Chinois sur le chantier des chemin de fer, croquis de Joesph Becker

Une véritable révolution pour la ville qui va peu à peu perdre son ambiance de « Far West » pour prendre des allures de métropole plus sérieuse avec ses banques, ses commerces et ses bureaux. Par ailleurs, les « cable cars » commencent à grimper le long des rues pentues et le quartier de Nob Hill se dote d’un certain apparat et d’une certaine solennité avec la construction de fastueuses résidences victoriennes en bois par les premiers magnats du chemin de fer et du business.

Le fameux San Francisco tel qu’on le connaît actuellement, aux maisons victoriennes, aux « cable cars », dynamique, grouillant de vie et symbole de la tolérance et de l’émancipation des minorités, prend alors ici tout son sens à la vue de ce tumultueux passé oscillant entre ville quelque peu « débauchée » et « libérée », et ville raffinée et audacieuse du business à proprement parler !

Le séisme de 1906

Et ne soyez pas surpris si vous ne trouverez pas (ou alors très peu) de monuments historiques à San Francisco car, en avril 1906, un puissant séisme d’une intensité de 7,1 sur l’échelle de Richter détruisit 80 % de la ville.

Châtiment divin pour punir cette cité décadente et livrée au démon du vice ?

Si ceci sera la théorie de certains religieux et puritains de l’époque, nous préférerons quant à nous la version plus scientifique et cartésienne s’appuyant sur la situation géographique de la ville pour expliquer cette catastrophe naturelle

Un peu de géographie…

Premièrement, celle que l’on surnomme non sans raison la « City by the bay » (ou « ville sur la baie ») se trouve à l’extrémité nord de la péninsule de San Francisco, encerclée par l’eau par trois côtés (à l’est, par la Baie de San Francisco ; au nord, par le détroit Golden Gate ; et à l’ouest, par l’océan Pacifique), lui permettant alors d’arborer de somptueux paysages et des plages de rêve qui n’ont rien à envier à celles de Los Angeles.

Mais si ce territoire entouré d’eau revêt des allures de « paradis insulaire », il est important de noter que sa situation géographique fait aussi de lui un territoire géologiquement inhospitalier, voire même à risque, pour la population toute entière.

À commencer par sa côte au relief particulièrement accidenté en raison des vagues et des vents très forts venus de l’Ouest.    

Par ailleurs, la ville se retrouve très fréquemment engloutie pendant plusieurs jours sous un épais nuage de brouillage (le fameux « fog »), issu de la différence thermique entre les terres californiennes surchauffées et les eaux froides du Pacifique, et allant jusqu’à gommer notre Golden Gate Bridge. On comprend alors pourquoi San Francisco a gagné cet autre surnom de : « Fog City » (ou la « ville du brouillard ») !

Le fog fransciscain.

Enfin, San Francisco, comme toute la Californie d’ailleurs, est située sur la grande faille de San Andreas, née à l’endroit où les plaques tectoniques du Pacifique et de l’Amérique du Nord se séparent progressivement, rendant alors cette région particulièrement instable et en proie à de nombreux séismes et incendies (tels que le séisme de 1906 dont je vous ai parlé précédemment).

D’ailleurs, un tremblement de terre majeur prévu dans la région de la baie d’ici à 30 ans et surnommé le « Big One » fait l’objet d’une inquiétude de tous les instants, faisant alors de ce petit coin de Californie une véritable « bombe à retardement » !

C’est pourquoi il vous faut impérativement découvrir cette ville avant que celle-ci ne disparaisse complètement et définitivement de la carte des États-Unis !

Alors, pour ce faire, plusieurs possibilités s’offrent à vous :

Comment se déplacer à San Francisco

En vélo, à pied ou en transports en commun

Si vous lisez plusieurs blogs, beaucoup vous diront qu’il est fort appréciable d’explorer la ville à vélo, en transports en commun, ou tout simplement à pied, car San Francisco est une métropole relativement condensée où tous les points d’intérêt majeurs se trouvent à proximité.

Par ailleurs, ceci est, selon eux, une excellente manière de s’imprégner véritablement de l’atmosphère singulière et exceptionnelle qui règne dans la cité, d’autant plus que celle-ci est dotée d’un excellent réseau de transports en commun (bus, bus électriques, tramways, « cable cars » …).

Cable cars.

S’ils n’ont pas tout à fait tort, ils n’ont cependant pas tout à fait raison. Car, premièrement, compte-tenu du dénivelé assez impressionnant des rues, vos mollets et vos pieds risquent de très vite en prendre un coup et de déchanter !

Rues en pente de San Francisco.

De plus, si vous voulez vous éloigner du centre ou ne serait-ce que pour parcourir la « 49-Mile Scenic Drive » (un tour à travers la ville qui s’étend sur environ 49 miles et qui trace un itinéraire superbe de visite de ce que San Francisco a de plus beau), la voiture s’avère être alors particulièrement utile, voire même primordiale, par rapport à une simple paire de chaussures de randonnée !   

En voiture

Personnellement, à chaque fois que nous nous rendons aux États-Unis, mon compagnon et moi avons pour habitude de louer une voiture sur Internet plusieurs mois à l’avance pour bénéficier de tarifs avantageux. Nous passons pour cela par le site www.bsp-auto.com qui est un excellent comparateur de prix dont nous n’avons jamais été déçus jusqu’ici.  

Alors, une petite précision (et ceci n’est pas une blague) : si vous louez une voiture à San Francisco, sachez que, lorsque vous vous garez dans une rue en pente, il est impératif de tourner les roues vers le trottoir afin que le véhicule ne dévale pas la rue en cas de rupture du frein à main !

Cette règle est notamment consignée dans le Code de la Route de Californie depuis 1959, et si vous ne la respectez pas, attendez-vous à payer une amende, que vous soyez ou non un simple touriste !  

Donc, pour résumer, le choix de votre moyen de déplacement à San Francisco dépendra de vos visites, de votre condition physique, de la durée de votre séjour et, surtout, de vos envies, le plus judicieux restant encore sans doute de faire un mixte des deux options que nous venons de voir pour ne pas vous sentir frustrés ou avoir du regret !

Ces quelques précisions et informations en poche, je pense alors que nous sommes fin prêts à partir à la découverte de « SF », un diminutif de San Francisco que les Franciscains vous autoriseront à utiliser volontiers mais, surtout, et ceci est un conseil, que l’on ne vous prenne pas à appeler la ville « Frisco » ou « San Fran’ » car vous risqueriez de voir votre intégration bafouée et moquée par ses habitants les plus puritains et chauvins qui ne supportent pas ces deux surnoms même si la cité sur la baie a la réputation d’être la plus tolérante des États-Unis !

JOUR 1

Avant de prendre la direction de San Francisco, je m’étais mise un point d’honneur à voir absolument trois choses qui me tenaient vraiment à cœur, à savoir : le Golden Gate Bridge, les Painted Ladies et ces fameuses rues en pente !   

Trois choses qui étaient d’ailleurs tellement symboliques à mes yeux que je ne pouvais pas passer notre premier jour dans la ville sans avoir fait un détour par celles-ci.

Alors, si vous le voulez bien, partons sans plus attendre à la rencontre de ce géant rouge tout droit sorti des mers : le Golden Gate Bridge !

1 – Le Golden Gate Bridge et son voisin Fort Point

Golden Gate Bridge et Fort Point.

Tour à tour attaqué par une pieuvre surgie des profondeurs (Le monstre vient de la mer, 1955), secoué par un tremblement de terre (Superman, 1978), arraché par un mutant (X-Men : L’affrontement final, 2006), croqué par un requin géant (Mega Shark vs Giant Octopus, 2009) ou encore rasé par un tsunami (San Andrea, 2015), le Golden Gate Bridge a fait le tour de nos petits écrans et de ceux du cinéma du monde entier, mais ce jour-ci, celui-ci ne fut plus fiction mais bel et bien réalité. Il était là, devant nous, en VRAI, et le seul mot qui me vint alors à l’esprit fut : « MAGIQUE » !

D’ailleurs, mes yeux ébahis n’étaient pas suffisamment grands pour contempler toute l’ampleur de ce colosse long de 2,7 km qui surplombe le Golden Gate, le détroit qui relie la baie de San Francisco à l’océan Pacifique, et sur lequel six voies automobiles se partagent jalousement l’espace avec deux allées piétonnes et cyclistes, pour notre plus grand bonheur à nous autres touristes !

Car, effectivement, cet aménagement permet alors de s’arrêter au tiers du pont et de pouvoir admirer la vue imprenable qu’il offre sur San Francisco, mais aussi il permet d’avoir une vue un peu plus cinglante sur l’ancienne prison d’Alcatraz !    

Circulation sur le Golden Gate Bridge.

Pistes cyclables et voies automobiles sur le Golden Gate bridge.

Une chose est sûre, que l’on soit dessus ou au pied, ce monument icône achevé en 1937 est sans conteste un chef d’œuvre aussi bien architectural que technique, et reste et restera pour toujours l’emblème par excellence de la ville, LA photo à faire, le cliché qu’on gardera tous en tête, qu’on partagera avec les amis et la famille, bref, l’image indélébile d’un voyage au cœur d’une ville emblématique.

Golden Gate Bridge.

Et vous voulez une petite anecdote ? Il paraîtrait que les fils d’acier qui composent les câbles de ce géant de la baie de San Francisco permettraient de faire trois fois le tour de la Terre !

Autant vous confirmer le caractère spectaculaire et incommensurable du site devant lequel quelque chose se produit, un « je ne sais quoi » inexplicable mais qui vous marquera à vie !

Golden Gate Bridge ou géant des mers.

Et comme pour protéger et veiller sur celui que l’on considère comme « l’une des sept merveilles du monde architectural », un ancien fort militaire construit en 1850, en pleine époque de la ruée vers l’or, attend chaque visiteur au pied du Golden Gate Bridge. Il s’agit de Fort Point qui, même s’il n’a pas du tout été construit dans le but de protéger le célèbre pont car beaucoup plus ancien que lui, avait tout de même pour vocation de défendre la baie de San Francisco, ainsi que ses installations commerciales et militaires. Heureusement pour les Américains, le fort n’a jamais servi et les canons qui ornent sa partie supérieure n’ont jamais eu à tirer un seul coup !

D’ailleurs, compte-tenu de l’obsolescence et de la désuétude du site, les canons furent enlevés après la Guerre de Sécession et on pensa même par la suite à raser le fort pour faciliter la construction du futur Golden Gate Bridge. Mais heureusement pour nous et toute la patrie américaine, l’ingénieur à l’origine même du pont, Joseph Baermann Strauss, s’opposa fermement et avec acharnement à la destruction du fort car exemple unique d’architecture selon lui. Et pour avoir visité personnellement ce monument historique, on comprend tout à fait l’obstination de cet architecte, et on lui donne parfaitement raison !      

Fort Point.

En parlant d’architecture, poursuivons notre périple vers l’un des endroits les plus photographiés de San Francisco, à savoir : les Painted Ladies !

2 - Les Painted Ladies

Painted Ladies.

Si comme moi vous êtes passionnés par le style des maisons américaines, alors ce sera Noël avant l’heure quand vous arriverez au 710-720 Steiner Street, devant cette rangée de sept maisons victoriennes construites en escalier et ayant pour toile de fond les gratte-ciel du centre-ville, créant alors un contraste saisissant pour les yeux !

Car, effectivement, si les buildings en arrière-plan font ressortir le caractère bouillonnant et grouillant de vie de la ville dans une couleur dominante grise, les Painted Ladies, peintes dans des couleurs vives pour accentuer leurs détails architecturaux semblables à de la dentelle, semblent quant à elles arrêter le temps et vous rappeler les maisons de poupée de votre enfance.

Un vrai délice pour la vue, à tel point qu’on pourrait passer des heures à admirer ces façades reflétant toute la délicatesse et le raffinement du style victorien.

Style victorien des Painted Ladies.

D’ailleurs, il a fallu beaucoup de force à mon compagnon pour m’arracher de ce lieu dont j’ai pris peut-être des centaines de photos pour qu’aucun détail ne m’échappe, pour que je puisse garder une trace réelle de la magie qui venait de s’opérer devant mes yeux et pour me rappeler que ce n’était pas un rêve !

Mais si le fait de quitter ce lieu majestueux fut un véritable déchirement, heureusement pour moi un réconfort inattendu m’attendait à quelques encâblures de là car il s’avère que d’autres maisons du même style, mais aussi de style édouardien, 48 000 pour être exacte, ont été construites à San Francisco entre 1849 et 1915 lors de son essor à la fin du XIXe siècle !

Quel bonheur inouï ce fut alors pour moi… Mais aussi quel malheur et quel supplice ce fut pour mon compagnon qui allait devoir s’arrêter à tous les coins de rue pour que je puisse immortaliser la beauté et la majestuosité de ces maisons toutes plus belles les unes que les autres ! Mais, comme dit le fameux proverbe : « Quand on aime, on ne compte pas » !

Et moi je ne comptais plus le temps dans ces multiples rues en pente que nous découvrions par la même occasion pour la première fois et avec grand étonnement tellement le dénivelé était important ! À ce propos, nos mollets s’en souviennent encore… Mais peu importe la souffrance face au décor exceptionnel et presque irréel qui défilait devant nos yeux et qui semblait nous chuchoter à l’oreille : « admirez-moi, contemplez-moi et explorez-moi encore et encore » !

D’ailleurs, pourquoi s’arrêter en si bon chemin sachant qu’une autre surprise de taille nous attendait à quelques « blocks » de là, à savoir Lombard Street ou la rue la plus tortueuse du monde.

3 – Lombard Street

Il était une fois un petit bout de rue d’à peine 200 mètres, mais qui avait toutefois réussi à se forger une réputation mondiale non pas pour sa valeur historique, ses bâtiments ou ses habitants, mais juste pour sa forme et ses huit virages mythiques ! Mesdames et Messieurs, j’ai l’honneur de vous présenter : Lombard Street !

Lombard Street et ses 8 virages mythiques.

Aménagée en 1922 par le propriétaire foncier Carl Henry, dans le quartier de Russia Hill, entre Hyde Street et Leavenworth Street, c’est, dit-on, la rue la plus sinueuse du monde avec huit virages bien serrés.

Mais pourquoi une telle fantaisie ?

Lombard Street.

En réalité, cette conception quelque peu étrange aurait été mise en œuvre pour réduire la pente à l’origine de 27 % (trop abrupte pour y laisser des véhicules ou pour y marcher) dans l’objectif de la ramener à 16 %.

Et le pari fut remporté au vu du nombre de voitures qui ne cessent de chercher à l’emprunter et des millions de touristes qui s’y précipitent chaque année !

Mais si cette rue très médiatisée et connue du monde entier attire bon nombre de curieux de par sa surprenante et déconcertante tortuosité, elle est aussi fortement appréciée pour son caractère atypique et son décor original déroulant un tapis de briques rouges au sol, offrant aux visiteurs des massifs de fleurs et de verdure dans chaque boucle, et déployant une vue imprenable depuis son sommet.  

Lombard Street et ses massifs de fleurs.

Bref, de quoi vous faire tourner la tête sous bien des aspects !

Et notre tête à nous ne cessait de tourner tellement les trésors découverts depuis la matinée nous avaient ensorcelés !

D’ailleurs, pour se délecter de ces délicieux souvenirs accumulés lors de cette première journée, quoi de mieux que de s’octroyer une petite pause-détente au pied du Bay Bridge, un autre pont extraordinaire de la ville qui, comme son voisin dans le nord-ouest de San Francisco, mérite vraiment de s’y attarder le temps d’un délicieux café !

4 – Le Bay Bridge

Bay Bridge.

Si son compère rouge-orangé se repère facilement de loin et au milieu du « fog » franciscain, le Bay Bridge s’avère quant à lui un peu plus discret avec sa couleur bleu-gris qui tend à se fondre délicatement dans le ciel bleu de Californie.

Mais qui dit plus effacé, ne veut pas forcément dire suscitant moins d’intérêt car avec ses deux niveaux bien distincts et ses deux ponts superposés (chacun étant dédié à un sens de circulation : le niveau inférieur pour aller vers Oakland et le supérieur pour revenir sur San Francisco), le Bay Bridge constitue une véritable prouesse architecturale qui mérite d’être empruntée au moins une fois dans sa vie !

C’est d’ailleurs ce que nous avons fait mon compagnon et moi pour rejoindre Oakland après une traversée de 8 km suspendus dans le vide, faisant alors de ce pont l’un des plus longs ponts du monde et peut-être le plus angoissant et le plus spectaculaire de tous ceux que j’ai pu traverser jusqu’ici !   

Bay Bridge et ses deux niveaux.

Donc, en conclusion, s’il fallait dire un petit mot par comparaison avec le Golden Gate Bridge, je dirais que le Bay Bridge n’a pas à « rougir » face à son acolyte !

C’est ainsi, en savourant notre « caramel macchiato coffee » devant le soleil couchant sur cet exceptionnel Bay Bridge que s’achèvera cette première journée riche en émotions et pleine de souvenirs. Et, comme pour nous dire bonsoir, ce pont aux 25 000 leds s’embrasera dans un éclat de mille et une lumières, nous laissant alors des étoiles plein les yeux avant d’aller dormir.

Bay Bridge et ses 25 000 leds.

JOUR 2

Si notre première journée fut consacrée aux grands monuments de San Francisco faisant d’elle une ville mythique, je vous propose cette fois-ci de dédier cette deuxième journée aux quartiers très diversifiés de la métropole qui sauront eux aussi vous séduire et vous surprendre, croyez-moi sur parole !   

À commencer par Haight-Ashbury ou le quartier hippie le plus populaire de la ville.

1 – Haight-Ashbury

Quartier de Haight-Ashbury.

Situé à l’intersection des rues Haight et Ashbury (d’où son nom composé actuel), c’est dans ce quartier légendaire qu’est né le mouvement hippie au début des années 1960, temps du non-conformisme, de l’insouciance et du pacifisme avec au programme amour libre, joints et concerts à gogo ayant pour têtes d’affiche les célèbres Janis Joplin, Jimi Hendrix ou encore Jefferson Airplane.

S’il s’agit aujourd’hui d’une époque bien révolue, il reste tout de même dans ce quartier des vestiges de cette époque libérée et décalée avec notamment des fresques murales très colorées, des friperies, des salons de tatouage et de piercing, des magasins de vinyles et tout ce qui fait la culture hippie, bref, un incontournable pour les mélomanes et les passionnés d’objets vintage.     

Haight-Ashbury et ses magasins de vinyles.

Haight-Ahsbury ou le quartier hippie.

Mais si ce quartier doit faire partie de vos priorités lors de votre séjour à San Francisco de par son originalité, je dois tout de même vous mettre en garde sur un point. Après Tenderloin, Haight-Ashbury est réputé comme étant le quartier le plus dangereux de San Francisco avec ses 7 000 sans domiciles fixes allongés à même le sol et devant lesquels vous ne savez comment réagir. Je vous conseille donc d’éviter ce quartier la nuit et de le planifier plutôt en début de journée.

Tout aussi coloré et débridé, je vous propose maintenant de partir à la découverte de Castro, LE quartier gay de San Francisco qu’il est également fortement recommandé de visiter la journée pour les âmes les plus sensibles…

2 – Castro

Q.G. d’Harvey Milk, fervent militant de la cause homosexuelle et assassiné à « SF » en 1978, je vous présente le premier quartier gay de San Francisco et l’un des premiers des États-Unis à émerger dans les années 1970, à savoir Castro, où de nombreux drapeaux arc-en-ciel (le fameux « rainbow flag ») attendent chaque voyageur au détour d’un balcon, d’un feu rouge, d’un poteau électrique ou d’un passage piéton comme pour souhaiter la bienvenue à quiconque s’y aventure.

Castro, le quartier gay de San Francisco aux couleurs arc-en-ciel.

Je dis bien « s’y aventure » car il est préférable de ne pas avoir froid aux yeux lorsque vous pénétrez dans ce quartier où il est chose fréquente de tomber nez à nez avec quelques « spécimens » quasiment en tenue d’Adam et d’Ève !

Mais n’ayez crainte, ce quartier aux très jolies demeures victoriennes, aux nombreuses boutiques et cafés bordant les rues est réputé très sûr, c’est même l’un des plus sûrs de la ville pour faire du shopping !

Alors, surtout, ne vous privez pas de faire un petit détour par ce quartier très agréable et convivial en journée, d’autant plus que celui-ci renferme plusieurs pépites, parmi lesquelles le Castro Theatre, une magnifique salle de cinéma de style baroque et inspirée de l’architecture coloniale espagnole, où vous pouvez assister à une séance pour un peu plus de 10 dollars et découvrir un intérieur somptueux.

Castro Theatre.

Par ailleurs, vous trouverez dans ce quartier, plus précisément au 3841 18th Street, San Francisco, CA 94 114, la célébrissime « Maison bleue adossée à la colline » que chante le Français Maxime Le Forestier dans l’un de ses tous premiers succès « San Francisco » (1972). Elle a d’ailleurs été mise en vente début 2020 pour la modique somme de 3,5 millions de dollars, soit environ 3 millions d’euros, et une plaque commémorative en hommage au célèbre chanteur et à sa chanson a été offerte aux propriétaires pour rappeler aux Américains pourquoi cette maison est si importante aux yeux de nous autres Français.

Alors qu’en dites-vous chers amis lecteurs ?

Bon, je vous laisse le temps d’y réfléchir en partant cette fois-ci du côté de Union Square où vous attend une atmosphère beaucoup plus trépidante et agitée que dans ce quartier tranquille aux couleurs arc-en-ciel.

3 – Union Square

Si vous aimez l’effervescence des grandes villes, les buildings, les restaurants, les grands magasins, les boutiques chics et, surtout, si vous voulez goûter à une part du meilleur cheesecake des États-Unis au fameux CheeseCake Factory dont vous avez certainement entendu parler dans la célèbre série américaine « The Big Bang Theory », alors vous êtes ici au parfait endroit pour vous régaler aussi bien niveau shopping que gustativement parlant. Car, effectivement, Union Square est réputé pour être le temple de la mode et l’un des centres commerciaux les plus importants du pays !

Alors, je n’aurais qu’une seule chose à vous dire : « tous à vos porte-monnaie et faites-vous plaisir » !     

Mais Union Square ce n’est pas que des boutiques. C’est aussi une grande esplanade au centre de laquelle trône une immense colonne de style corinthien de 30 mètres de hauteur surmontée d’une statue en bronze de la déesse de la victoire et qui se dote d’une patinoire et d’un grand sapin l’hiver, revêtant alors des allures de Rockefeller Center à New York à Noël !

Union Square en hiver.

C’est aussi le lieu où, si le cœur vous en dit, vous pouvez sauter entre deux emplettes dans l’un de ces anciens tramways emblématiques de la ville (ou si vous préférez les « cable cars ») qui traversent régulièrement Union Square.

Union Square et ses cable cars.

Enfin, Union Square est aussi réputé pour abriter dans ses entrailles le premier parking souterrain du monde achevé en 1934 !   

Donc, que vous soyez à pied ou en voiture, vous n’aurez pas d’excuses, messieurs, pour ne pas inviter votre chérie à faire du shopping dans ce lieu prestigieux et incontournable de San Francisco !

Personnellement, mon compagnon n’a pas eu cette patience car ce quartier bouillonnant de piétons, de touristes et d’hommes d’affaires lui rappela trop le stress des grandes villes européennes, c’est pourquoi il décida de contourner hâtivement la grande place de Union Square en voiture et de filer directement dans une tout autre atmosphère, celle de Chinatown, où un dépaysement garanti nous attendait de pied ferme.

4 – Chinatown

 Chinatown.

Chinatown à San Francisco.

Quand je vous parlais de dépaysement, ce n’était pas pour vous mentir car en franchissant la grande porte de Chinatown, en forme de pagode et située à l’angle de Bush Street et de Grant Avenue, vous avez vraiment l’impression de pénétrer dans la « Cité interdite » et de vous retrouver directement en Asie !  

Grande porte de Chinatown ou Dragon gate.

D’ailleurs, avec ses 100 000 habitants aujourd’hui, le Chinatown de San Francisco est devenu le plus grand quartier chinois du monde en dehors d’Asie, offrant à son visiteur myriade de boutiques, vendant des herbes médicinales insoupçonnées, de nombreux restaurants où tester son coup de baguette, un marché, le « Marché de Stockton Street », où vous pourrez trouver des produits parmi les moins chers et les plus frais de Chinatown et, enfin, la Golden Gate Fortune Cookie Factory qui, depuis 1962, produit des « fortune cookies », vous savez, ces petits gâteaux où l’on trouve à l’intérieur des messages-papiers heureux allant de simples dictons de sagesse à des numéros de loterie (qui se sont avérés gagnants dans de très RARES cas !).

Fortune cookies.

Eh bien, pour la petite anecdote, la majorité s’accorde à penser que ce petit gâteau du bonheur est né d’un Japonais, Makoto Hagiwara, résidant à San Francisco. Il était jardinier et avait conçu le célèbre jardin Japanese Tea Garden du Golden Gate Park (autre attraction de « SF »). Le maire de l’époque l’a renvoyé de son emploi, mais quelques années plus tard, le nouveau maire l’a réintégré. Alors, pour exprimer sa reconnaissance envers lui et tous ceux qui l’avaient soutenu pendant sa période de vaches maigres, M. Hagiwara créa en 1914 un cookie avec un mot de remerciement à l’intérieur. Ensuite, il les a distribués au Japanese Tea Garden et a commencé à les servir régulièrement. Enfin, ils ont atteint leur consécration en 1915 quand ils ont été présentés à l’exposition Panama-Pacific, l’exposition universelle de San Francisco.

Voilà, désormais, vous savez tout sur ce petit gâteau que vous avez certainement tous mangé au moins une fois dans votre vie car avec les 60 millions expédiés par mois par le plus grand fabricant du monde, à savoir la compagnie Wonton Food Inc. de Long Island City, dans le Queens, difficile de passer à côté de cette petite douceur du bonheur !

C’est d’ailleurs la première chose que je me suis empressée d’acheter lors de notre visite dans ce quartier qui vous transporte vraiment en Asie.  

Mais la question qui se pose alors dès que vous franchissez les portes de la mythique « Dragon Gate » :

« Qu’est-ce qui explique que tant de Chinois aient décidé de poser leurs valises, ici, à San Francisco et, en particulier, dans ce quartier ? Comment expliquer que cette « ville dans la ville » rassemble aujourd’hui la plus grande communauté chinoise en dehors d’Asie ? ».

Eh bien l’histoire a répondu à mes questions…

Dans les années 1840, une série de catastrophes et de guerres ont frappé la Chine, entraînant famine et rebellions, et poussant par conséquent bon nombre de Chinois à fuir le pays.

Mais alors où aller ?

La réponse fut très vite trouvée aux premières nouvelles de la découverte de l’or en Californie et, notamment, à San Francisco qui devint alors un arrêt évident et capital pour les immigrants chinois dans les années 1850-1900.

Mais alors pourquoi Chinatown ?

En réalité, la force ouvrière chinoise est rapidement devenue une menace pour les Américains qui ont de ce fait exclu ces nouveaux arrivants à coup de lois discriminatoires et réglementations répressives ; les Chinois se sont donc retrouvés entre eux, dans des zones de la ville qui sont devenues elles-mêmes une « mini-ville » : notre fameux Chinatown.      

Voilà, le mystère est à présent levé sur ce quartier qui est de loin l’un de mes préférés !

Mais mon cœur balance également pour un autre quartier qui me semble être tout à fait approprié pour terminer en beauté cette deuxième journée et, par là même, notre séjour à San Francisco : chers amis lecteurs, je vous propose d’aller nous échouer près de la baie au « Quai des pêcheurs » ou celui que l’on a pour coutume d’appeler le « Fisherman’s wharf » et son « Pier 39 ».

5 – « Fisherman’s wharf » et le « Pier 39 ».

Fisherman's wharf.

Si Chinatown nous a transportés dans des contrées lointaines, vous serez immergés ici dans un tout autre univers où vous serez d’abord surpris de tomber nez à nez avec des centaines et des centaines d’otaries (plus de 900 au total) qui sont devenues les stars du lieu, à tel point d’ailleurs qu’on les surnomme les « Sea Lebrities » !  

Pier 39 et ses otaries.

Mais ce quartier est également un endroit exceptionnel et quelque peu déroutant car vous ne vous attendez pas à trouver des pêcheurs et à assister à leur vie en direct dans une ville urbaine et moderne comme San Francisco ! D’ailleurs, si vous voulez goûter des fruits de mer ou du crabe fraîchement pêchés par ceux-ci, c’est LE lieu parfait pour ceci !

Enfin, ce quartier emblématique de la ville aux nombreuses boutiques, attractions foraines et musées, est également un endroit où l’on frissonne en apercevant au loin l’ancienne prison d’Alcatraz, la plus célèbre prison haute sécurité, « celle dont on ne s’évade pas », et à destination de laquelle vous pourrez prendre un ferry. C’est aussi un endroit où vous pourrez vous réconforter en grignotant un authentique chocolat de chez Ghirardelli, qui est née ici même à San Francisco.

Vue de la prison d'Alcatraz depuis le Pier 39.

Attractions foraines du Pier 39.

Ainsi, entre « fortune cookies » et chocolats Ghirardelli, votre balance risque de bouder à votre retour des États-Unis, sachant que, comme moi, vous vous laisserez très certainement tenter par les délicieux burgers qu’offrent les restaurants de la métropole réputée pour sa gastronomie innovante et raffinée !

Mais à bas l’inquiétude des calories englouties, le principal est d’avoir pu faire connaissance de cette ville que l’on aime ou que l’on déteste au premier abord d’après les divers avis bien tranchés des touristes.

Pour ma part, je suis tombée amoureuse de San Francisco, cette métropole anticonformiste, rebelle à souhait, au charme fou, à la douceur de vivre sans pareil et pour laquelle je donnerais tout pour y retourner !

Article mis à jour le 25/01/2021 - Signaler un abus

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Laura Durat

Laura Durat
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