Vacances à Dubrovnik, la perle de l'Adriatique

Carte de situation de DubrovnikMerci GlobeTrotter pour ton article sur la Croatie (Une belle semaine en Croatie). Il m’a rappelé des souvenirs puisque j’y suis allé aussi. Mais moi je n’étais pas en Istrie : j’ai profité de trois jours à Dubrovnik, tout au sud de la Croatie.

Je ne résiste pas à l’envie de vous livrer mes souvenirs de cette ville incroyable (surnommée « la perle de l’Adriatique » par Lord Byron), juste pour vous encourager à y aller.

En fait, dès la descente en avion sur l’aéroport de la ville, on aperçoit les reflets du soleil qui brillent sur la mer. Les dégradés de bleu sont saisissants. Comme le fait remarquer GlobeTrotter, l’eau est tout bonnement magnifique : j’ai eu l’impression de ne pas en avoir vu une aussi pure depuis longtemps. En descendant, si vous êtes attentifs et si vous avez la chance d’être assis près d’un hublot, vous pourrez apercevoir la vieille ville et le fort.

Situation de Dubrovnik

Elle est située en ex-Yougoslavie, dans la région de la Dalmatie. Cette ville côtière plonge dans la Mer Adriatique.

Elle est située à l’extrémité sud de la pointe que forme le pays. Si elle s’ouvre sur l’Adriatique côté mer, elle partage ses frontières terrestres avec le Monténégro et la Bosnie-Herzégovine. Elle fait face à l’Italie. Depuis l'étranger, on peut y accéder via l'aéroport international de Dubrovnik, aménagé à une vingtaine de kilomètres au sud-est de la ville. Par la route, la liaison avec Dubrovnik se fait en une trentaine de minutes.

Histoire de la ville

Vue générale de la vieille ville fortifiée de DubrovnikTombé amoureux de cette ville, j’ai conservé une riche documentation qui va me permettre de vous en offrir un peu plus qu’un simple récit basique, comme j’ai pu le faire jusque là dans mes autres billets.

Les traces de la ville remontent loin puisque l’établissement des premiers habitants daterait du VIIème siècle, époque à laquelle les habitants de la cité d’Epidauros (Cavtat aujoud’hui) ont fui les invasions slaves et sont venus se réfugier sur ce rocher, qui a d’ailleurs donné le premier nom à la ville : Raguse. Intégrés à la population existante, ils édifièrent les premières murailles de la cité. Ce qui leur permit, des siècles plus tard (IXème ) de résister aux invasions arabes. Entre temps, une autre ville a vu le jour entre Zaton, au nord, et le port de Cavtat : l’actuelle Dubrovnik qui tirait son nom des chênes verts, très nombreux dans la région. Les deux cités fusionnèrent au XIIème siècle et on combla le chenal les séparant, créant de la sorte Placa, la large rue pavée qui fait, entre autre, la renommée de la ville.

Dès la fin du XIIème siècle, elle était devenue une place incontournable dans les échanges commerciaux entre la Méditerranée et les Balkans. Cette puissance gênait l’autre grande Cité du bassin : Venise. Très vite, Dubrovnik passa sous la domination de la Sérénissime. Malgré son allégeance, elle continua à développer des liens commerciaux indépendants avec d’autres partenaires.

Armoiries de la République de RaguseL’actuelle Dubrovnik a longtemps été une république maritime, connue sous le nom de République de Raguse. Les républiques maritimes étaient des cités-Etat côtières, principalement italiennes, qui ont existé entre les X et XIII èmes siècles. Elles profitaient de leur prospérité économique pour acquérir une autonomie politique. Les plus connues sont, en Italie, Pise, Gênes et Venise. Dans le reste du bassin méditerranéen, seule Raguse avait eu le droit à ce régime. La République de Raguse fut fondée en 1358 et exista jusqu’au mois de janvier 1808, date de l’invasion par les armées de Napoléon. Elle intégra, au moment de sa création, le royaume hungaro-croate. Au plus fort de son expansion, elle comprenait le port de l’actuelle Dubrovnik et celui de Cavtat (autrefois appelé Ragusavecchia). Elle s’étendait également jusque dans l’arrière-pays et prit le pouvoir sur certaines îles proches. Elle a ainsi compté environ 30 000 personnes relevant de son statut, dont 5000 entre les murs de Raguse. Elle envoyait sa flotte en Egypte, en France, en Syrie, en Turquie. C’est le premeir état en Europe à interdire l’esclavage en 1416.

Très prospère, elle a connu un développement des arts et des sciences. Un tremblement de terre au XVIIème détruisit malheureusement beaucoup des constructions de style Renaissance. Il en reste quand même un peu encore : le palais du Recteur et le palais Sponza.

Le tracé de nouvelles routes économiques accentua le déclin de la ville, amorcé après le séisme. L’invasion napoléonienne de 1808 marqua la fin de la République de Raguse. En 1815, elle passa sous domination austro-hongroise puis, en 1918, elle entra dans le royaume des Serbes, des Croates et des Slovènes, la Yougoslavie.

Entre 1991 et 1993, Dubrovnik fut tristement célèbre à cause des bombardements qu’elle subit jusqu’à ce qu’elle connaisse, de nos jours, une période de calme et de paix.

Logement

Il y a de fortes chances que l’on vous propose des résidences ou des hôtels dans le quartier de Lapad qui concentre une bonne partie de l’offre hôtelière, le reste (notamment les complexes balnéaires) étant situés à l’est de la ville. Une auberge de jeunesse y est également implantée. Vous serez ainsi au pied de la vieille ville et vous aurez la possibilité de profiter de la verdure de la zone et de ses accès aux plages (continuer après l’hôtel Kompas).

Voici un lien vers une liste complète d'hôtels de Dubrovnik.

Même si la ville vit aujourd’hui essentiellement du tourisme, l’urbanisme se fait en essayant de respecter le visage du site.

Les incontournables de la vielle ville

Allez visiter la vielle ville fortifiée et faire les boutiques ou testez les restaurants de la Placa. Comme dit plus haut, cette artère principale piétonnière (la vieille ville est interdite aux voitures) a été construite sur l’emplacement d’un chenal qui séparait les deux entités, à l’origine de la ville actuelle de Dubrovnik.

La porte Pile

Pour y rentrer, faites comme tout le monde : dirigez-vous à la porte Pile (Vrata Pile), intégrée au système défensif. Sous le pont de pierre qui vous y amène, admirez les jolis jardins situés en contre-bas. Nichée dans les remparts et protégée par son pont-levis, la porte est surmontée de la statue du Saint-Patron de la ville : Saint Blaise. Celui-ci serait apparu en rêve au Recteur, le prévenant d’une attaque vénitienne. Préparée, la ville repoussa les assaillants.Une fois franchie cette porte et la porte intérieure suivante, vous arrivez directement sur Placa.

Vous verrez tout de suite les restes de la fontaine d’Onofrio qui a malheureusement subi beaucoup de dégâts lors du tremblement de terre de 1667 dont je vous parlais plus haut. C’était là un des ensembles du système qui amenait l’eau depuis le lac voisin distant de douze kilomètres.

Notez qu’il y a deux fontaines d’Onofrio, la seconde (appelée la petite fontaine d’Onofrio) se trouve au niveau de la place Luza. Plus chanceuse et moins endommagée, vous verrez à côté d’elle l’église Saint-Sauveur et ce qu’il reste d’un monastère. Un musée y a été ouvert. A l’intérieur se trouve l’une des trois pharmacies ouvertes au public les plus anciennes d’Europe, toujours en activité ! Lorsque j’y suis passé, j’ai pu profiter du calme du cloître. Mais, en pleine saison, je ne sais pas si tout y sera aussi paisible que lors de mon passage car Dubrovnik attire les touristes et les riches croates qui aiment à profiter des lieux.

La ville, reflet de l’histoire et de la culture du pays, comporte également une synagogue et une église orthodoxe que vous trouverez à proximité de Placa.

Eglise Saint-blaise et colonne de Roland sur la place de la Loge

Lorsque vous allez vers l’extrémité est de Placa, vous ne pourrez pas manquer la colonne de Roland (ou Orlando) qui se trouve sur la place Luza (place de la loge), anciennement un marché. Lorsque vous vous ferez photographier à côté de la colonne, sachez que l’avant-bras de la statue a servi de mesure-étalon pour la république. Cette jolie place pavée était publique et on y annonçait toutes les proclamations de la République.

Mais vous y découvrirez aussi la Tour de l’horloge, sur laquelle deux personnages en bronze viennent marquer les heures pleines. Et, de l’autre côté de la place, se profile le Palais Sponza. Avec un porche reposant sur six colonnes, il est un bel exemple du style Renaissance. Avant d’aller voir l’église Saint-blaise, prenez la direction de la porte Ploce et vous y découvrirez le musée et le monastère dominicains (si si, c’est un monastère, pas une forteresse!!).

Revenez sur vos pas et reprenez votre route. Comme je l’écrivais plus haut, vous croiserez la « petite » fontaine d’Onofrio qui alimentait le marché. Et vous ne pourrez pas manquer l’église Saint-Blaise, dont l’architecture tranche avec la sobriété de la place…Et si vous allez à l’intérieur en suivant le flot des touristes, vous pourrez y voir la statue en argent de Saint-Blaise. Il tient dans sa main une maquette de la ville telle qu’elle était avant le tremblement de terre.

En sortant de l’église, continuez sur l'artère pour aller voir le Palais du Recteur et admirer sa façade. n’hésitez pas à pousser votre visite à l’intérieur aussi car l’atrium vaut le coup d’oeil. En plus, il y fait bon lorsque le soleil tape dehors ! Sous la République de Raguse, le Recteur était élu chaque mois parmi les notables de la ville et logeait au palais. On y trouvait également son secrétariat, ses bureaux et des salles publiques. Pendant ces trente jours, il ne pouvait sortir du palais, sauf à obtenir une autorisation spéciale délivrée par le Sénat. Le musée qui se trouve aujourd’hui à l’intérieur en fait beaucoup apprendre sur l’histoire de la ville.

En face du palais se dresse une cathédrale : celle de l’Assomption-de-la-Vierge. Elle aurait été embellie grâce à des dons envoyés par le roi d’Angleterre Richard Coeur de Lion, sauvé du naufrage dans l’une des îles proches. Cette cathédrale renferme les reliques de Saint Blaise. A partir de la cathédrale, rendez-vous à l’aquarium. Je ne l’ai pas visité mais il semble avoir bonne réputation et, en tout cas, étant donné le nombre de familles qui en ressortaient et les sourires des enfants, ça a l’air de convenir parfaitement aux petits et aux grands.

Visite des remparts

Les remparts de DubrovnikA eux seuls, les remparts valent l’objet d’une visite, voire d’un mini-circuit. Attention toutefois, pour pouvoir accéder à toutes les parties de l'enceinte, la visite sera payante.

Les premiers murs du système défensif ont été érigés au XIIIème siècle. Deux siècles plus tard, on leur rajouta une quinzaine de tours carrées de défense. On y ajouta encore après des bastions afin de compléter l’ensemble et de repousser les assaillants plus solidement. L’efficacité de ces ensemble a été éprouvée lors du siège arabe de la ville qui a duré quinze mois sans qu’ils ne parviennent à l’occuper. Les murs courent le long de la ville sur deux kilomètres tandis que, par endroits, les murailles s’élèvent jusqu’à trente-cinq mètres de hauteur !

Outre l’aspect historique et architectural, la visite vous offrira des vues splendides sur l’Adriatique. Et vous remarquerez certainement quelques îlots qui vous donneront envie d’aller les visiter.

NB : si vous choisissez un guide croate sur place, il vous fera très certainement commencer par les remparts avant de vous montrer l’intra-muros.

En dehors de la vieille ville

L'île de Lokrum

L'île de Lokrum depuis les remparts de DubrovnikSi la vue depuis les remparts vous a donné envie d’aller faire un tour sur les îles, vous pourrez en profiter notamment pour aller sur l’île de Lokrum, pour laquelle un ferry assure une liaison avec un départ toutes les heures en pleine saison. Le prix du trajet est aux environs de 35 Kuna (la kuna est divisée en 100 lipas. Mais l’euro est aussi accepté par les commerçants).

L’île, a priori l’endroit où Richard Coeur de Lion a été sauvé, présente encore les traces d’un monastère médiéval. Elle offre aussi un joli jardin botanique et, pour les amateurs, une plage (rocheuse) naturiste. C’est une très belle île, très verte et boisée. Y passer une demie-journée au moins fait un bien fou !

La ville neuve

Pour sortir, notamment le soir, la ville « neuve » offre une multitude bars branchés. Les quartiers de Lapad en regorge mais n’hésitez pas à aller voir plus loin. On nous a conseillé l’incontournable Troubadour Hard Jazz Café (Bunic‡eva poljana 2). Effectivement, malgré l’affluence, il est très sympa pour commencer la soirée ou la poursuivre si on souhaite ne pas être trop bousculé. Pour le reste, il y a quand même pas mal de choix et des ambiances très différentes selon ce que vous cherchez : lounge, électro, jazz… A vous de voir.

Bref, une chose est sûre : j’y retournerai ! C’est l’une de mes plus belles découvertes pour l’instant.

Et, n’ayant pas la facilité d’expression du dramaturge britannique Bernard Shaw, c’est à lui que je laisse le soin de conclure par une phrase que cet auteur -visionnaire!- clamait en 1929 :

«Ceux qui cherchent le paradis sur terre doivent venir à Dubrovnik ».

Article mis à jour le 13/08/2016 - Signaler un abus

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foggy

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Lieux visités
Croatie
A/ Dubrovnik

Points d’intérêts visités
1/ Porte Pile
2/ Fontaine d'Onofrio
3/ Palais du Recteur
4/ Palais Sponza
5/ Colonne d'Orlando

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